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Reality Fighters



Genre
Combat
Statut
Disponible
Date de sortie
  22.02.2012
  23.02.2012
Nombre de joueurs
1
Online
- Jeu en ligne
Classification PEGI
Prix de lancement
29,99 €

Pour accompagner le lancement de la PS Vita, Sony Computer Entertainment a tenu à proposer un titre exploitant la réalité augmentée. Ainsi est né Reality Fighters dont le concept repose sur des bonnes idées : créer des combattants à son image et les faire s’affronter dans des décors issus de la vie réelle. Toutefois, l’expérience nous a appris que des bonnes idées ne font pas forcément un bon soft. Reste donc à voir si ce jeu de combat arrive à convaincre…

Evolue petit scarabée…




Jouant la carte de la personnalisation, Reality Fighters nous invite dès le lancement à créer un personnage qui nous ressemble grâce à la caméra de la façade de la console. En sus, il est possible d’utiliser la caméra arrière pour faire de même avec le visage d’un ami. Dans tous les cas, il est nécessaire d’avoir un éclairage quasiment optimal afin d’avoir l’aval du jeu pour prendre la photo et procéder au morphing. Après plusieurs essais avec diverses personnes de notre entourage, il faut bien reconnaître que le résultat final est très aléatoire. Enfin soit, c’est pour le fun et on continue dans la voie de la personnalisation en modifiant grossièrement la carrure de notre combattant avant de l’affubler d’une coupe de cheveux et d’habits et autres accessoires des plus ridicules. Le titre permet même d’enregistrer une petite phrase pour accompagner son entrée dans le combat et pour ponctuer l’affrontement en cas de victoire. Ce petit plaisir fait, on rentre dans le vif du sujet en attaquant le mode Histoire, dans lequel on est accueilli par Maître Miyagi (référence à Karaté Kid). Grosso modo, celui-ci ne nous prend pas pour un véritable guerrier et il va nous imposer une quinzaine de combats pour prouver notre valeur, sans compter quelques défis de rapidité demandant de casser des objets dans un temps imparti (archi facile). Sur le papier, ce n’est pas trop mal.

Malheureusement, dans les faits, on est proche du désastre. Les développeurs ont volontairement voulu apporter un côté kitsch à prendre au second degré, mais l’effet est totalement loupé. Cela est dû à un doublage catastrophique et à des personnages anti-charismatiques présentés à coups d’anecdotes soporifiques. D’ailleurs, lorsqu’on termine le mode Histoire, on débloque un mode Histoire à toute Vitesse. En s’armant de courage, on lance donc ledit mode pensant pouvoir enchaîner les combats tout en faisant l’impasse sur les blabla inutiles. Quelle déception alors de voir qu’il s’agit simplement de refaire exactement la même chose, avec les mêmes histoires à se farcir… Les deux seules différences venant du fait que l’on peut utiliser des armes, ce qui fondamentalement ne change rien, et débloquer d’autres objets supplémentaires. Le tout étant bouclé très rapidement, on commence à regarder ce que l’on peut se mettre sous la dent. Entraînement, combat rapide (avec difficulté à régler – ce qui ne change pas vraiment grand-chose - et possibilité de donner un avantage à soi ou à l’I.A.), il n’y a rien de bien folichon. Un mode Contre-la-montre attire alors l’œil. On se lance dedans et on comprend bien vite qu’il s’agit en fait d’enchaîner les tableaux pour décrocher une médaille d’or en cassant un maximum d’objets dans le temps imparti.

Oups, tu t’es fait écraser !




Reste alors le mode Survie qui, comme son nom l’indique, demande de survivre à plusieurs vagues, le tout étant accompagné de bonus de temps et de vie pour marquer plus de points (on recouvre une partie de la vie à chaque combat). Un constat s’impose rapidement : le contenu est bien maigre. Certes, il est possible d’affronter un joueur via le ad-hoc ou encore de passer par Internet (pass online requis) pour affronter un ami ou un inconnu. Tout étant sujet à rapporter des étoiles et à débloquer de nouveaux items, certains seraient tentés de passer bien des heures à jouer… Mais rares seront ceux qui le feront. La raison principale à cela, c’est le gameplay. Il y a beau avoir une quinzaine de styles des plus classiques (boxe entre autres) aux plus loufoques (zombie par exemple), chacun représentant un personnage, il n’y a au final qu’une seule manière de jouer. En effet, malgré l’intégration d’un système de garde, chaque style n’offre qu’une dizaine à une quinzaine de coups (combos et mouvements spéciaux compris) qui s’enchaînent de manière très détachée. Au final, on laisse bien vite la garde de côté pour matraquer les boutons. C’est assez fun durant les premières minutes, mais ça devient extrêmement ennuyant par la suite.

En sus, vu qu’il y a énormément de bugs de collisions et que les coups rapides sont extrêmement efficaces, les combats deviennent très rapidement brouillons et lassants. Le gameplay manque cruellement de profondeur, et ce que l’on joue avec le tactile, assez pénible à utiliser à la longue bien que plus accessible, ou avec les touches. La gestion aléatoire des déplacements et les très nombreux bugs de collisions n’arrangent pas les choses. Pire encore, lors de chaque combat, il est nécessaire de garder un certain axe d’inclinaison avec sa console pour conserver les personnages dans le champ de vision. Cela amène à prendre des positions inconfortables, sans compter que dans le feu de l’action, les quelques mouvements des bras sont répercutés sur la caméra, allant parfois jusqu’à donner de sacrés maux de crâne. L’idée de base n’était pas forcément mauvaise, puisqu’elle permettait par exemple de jouer sur les bordures afin de bloquer l’adversaire contre un côté de l’écran ou justement de se sortir d’une telle situation en un simple mouvement… Au final, vous l’aurez compris, l’idée est extrêmement mal exploitée. L’argument principal de ce Reality Fighters, c’était d’exploiter la réalité augmentée. Pour cela, lors de la sélection de l’arène, il suffit de garder le premier choix pour que la caméra arrière entre en action.

Celle-ci vous permet ainsi d’intégrer ce qui est devant vous (votre lit, un lieu public, votre bureau, etc.) en guise de fond. Le concept est séduisant les premières minutes mais son effet s’estompe vite lorsqu’on voit qu’il se limite justement à afficher un fond. On regrette vraiment qu’il n’y ait strictement aucun impact dans le jeu. Quand on opte pour les arènes préenregistrées, on remarque qu’il s’agit simplement de wallpapers pas forcément engageants. Reste alors la possibilité de prendre en photo ce que l’on souhaite pour définir cette dernière en guise de fond d’écran lors du combat. Visuellement parlant, le jeu repose simplement sur la modélisation des combattants. Si on apprécie les accessoires et habits volontairement ridicules (il y en a un petit paquet à débloquer), on ne peut que regretter que les modélisations 3D soient aussi basiques, avec notamment une gestion de la physique inexistante et des éléments qui se chevauchent grossièrement. La PS Vita est clairement capable d’afficher bien mieux, surtout que dans notre cas elle n’a que ça à gérer. Le petit plus pour les amoureux de Facebook, c’est la possibilité de prendre certains clichés de son personnage (avec l’adversaire que l’on vient de battre) pour les envoyer directement sur son compte. C’est simple, rapide et plutôt efficace. En revanche, évitez d’appuyer sur la gâchette gauche en plein combat, sans quoi vous prendrez un screenshot qui sera enregistré dans votre album photo (accessible via l’application Photo de la PS Vita).

Point complet
05/20
Reality Fighters est l’exemple même du petit jeu au développement fait à l’arrache que l’on essaie de refourguer à une trentaine d’euros en essayant de miser sur une idée enrobée d’humour. Malheureusement, ce qui pouvait faire la force du jeu, à savoir la réalité augmentée, s’avère bien trop limitée pour pleinement convaincre, et ce bien qu’elle fasse son petit effet lors des premières parties. Il reste alors un effet kitsch totalement loupé avec un Sensei Miyagi au doublage catastrophique, un jeu de combat archi basique et limité, des modélisations 3D qui ont été réalisées à la va-vite et un contenu rachitique (malgré tous les éléments à débloquer), sans compter que le multijoueur n’assure que le strict minimum (pass online requis fournit pour tout achat neuf). Autant dire que le titre est clairement à oublier, surtout à ce tarif là. Il aurait été offert avec la console, à la limite on aurait avalé la pilule pour se divertir quelques minutes avant de passer à autre chose. En l’état, les quelques qualités que l’on peut lui attribuer ne font clairement pas le poids face à tous les défauts relevés. Comme quoi, une fois encore, avoir de bonnes idées, c’est très bien… Savoir les exploiter, c’est clairement mieux !

On a adoré :
+ Personnalisations rigolotes
+ Plusieurs styles de combat
+ Plusieurs éléments à débloquer
+ Photos à partager sur Facebook
+ Créer un perso avec son visage
+ Défoulant sur 2-3 combats
+ L’idée de la réalité augmentée…
On n'a pas aimé :
- Mais seulement l’idée
- Effet kitsch totalement raté
- Des bugs de collisions à foison
- Les wallpapers en guise de fonds
- Qualité aléatoire des morphings
- Modélisations plus que basiques
- La bande sonore
- Contenu trop léger
- Cher (30€) pour ce que c’est
- Le strict minimum en multi
- Peu de coups par style
- Combats basiques
- Vite ennuyant
- Maintenir l’axe de la PS Vita
- Mode Histoire inintéressant…
- Histoire à toute vitesse à oublier


Consulter les commentaires Article publié le 20/02/2012 par Vincent P.


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