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BioShock



Editeur
2K Games
Développeur
2K Marin
Genre
FPS
Statut
Disponible
Date de sortie
  17.10.2008
  21.10.2008
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI


Il y a un peu plus d’un an, Irrational Games offrait aux joueurs possédant une Xbox 360 un FPS nommé BioShock qui les a tous comblés. Aujourd’hui, les possesseurs d’une PlayStation 3 peuvent enfin profiter de cette petite bombe qui a séduit absolument tout le monde. Néanmoins, ce sont quatre studios (2K Marin, 2K Boston, 2K Australia et Digital Extremes) qui se sont occupés de l’adaptation. Reste donc à voir si celle-ci est au moins aussi bonne que la version originale, les développeurs ayant annoncé que le portage serait identique à deux ou trois ajouts près à celle-ci…

Bienvenue à Rapture




Rapture est une ville d’artistes encore inconnue de la masse populaire. Ville qui sert de repaire à Andrew Ryan, un milliardaire éclairé qui a décidé d’aller vivre sous l’océan et d’y créer une véritable colonie utopique où les grands de ce monde pourraient se réunir pour parvenir à leurs rêves. Malheureusement, un avion se crashe au dessus de la cité et un homme, qui n’est autre que vous, découvre un tunnel le menant au rêve d’Andrew Ryan. L’occasion de découvrir cette magnifique mégalopole qui semble regorger de merveilles… Or il s’avère que la mégalopole s’est transformée et regorge à présent de pièges et de mutants assoiffés de sang. L’atmosphère est pesante, les gens sont devenus fous, des couloirs entiers sont immergés et la cité se désagrège petit à petit. Difficile dans de telles conditions d’admirer la beauté des lieux qui semblent de plus en plus voués à demeurer un secret aux yeux de tous…

C’est dans ce contexte assez étrange que commence l’aventure de Bioshock, un jeu de tir à la première personne ne ressemblant à aucun autre de part son ambiance et son design. Il faut dire que les développeurs de 2K Boston désiraient plus que toute autre chose créer un univers cohérent et original. De ce point de vue là, le pari est plus que réussi puisque Rapture dégage une atmosphère vraiment très particulière mêlant folie, onirisme et même poésie. Et il faut bien avouer que celui-ci n’a rien perdu de sa superbe, les studios de développement l’ayant porté avec brio. Le gigantisme des lieux offre des paysages variés avec une flore et des décors qui contrastent radicalement avec la plupart des productions de ces dernières années, tendant tantôt vers l’Art Déco, tantôt vers les styles Néo. Pour s’accorder avec le reste, les ennemis bénéficient également d’un design très particulier allant du simple zombie en putréfaction au « Big Daddy » en armure et casque de plongée, sans oublier des mutants portant des masques de comédiens italiens de la renaissance, des fous amoureux de l’art, des robots et tourelles de combat futuristes et de véritables erreurs génétiques. Un mélange assez improbable de genres qui donne lieu à un véritable cocktail explosif d’une saveur incontestable.

L’aventure commence donc avec le crash de l’avion et après une brève baignade, le joueur rejoint les bords d’un phare dans lequel il rentre pour prendre un premier contact avec les lieux. L’entrée dans l’ascenseur est l’occasion d‘admirer une sublime vue d’ensemble de Rapture mais aussi d’en apprendre plus sur le passé de la cité et de découvrir les buts qui ont poussé Andrew Ryan à créer cet univers. Ce n’est cependant qu’une fois sorti de la cabine que l’histoire commence vraiment et que le joueur peut enfin interagir avec son environnement. L’occasion de découvrir un gameplay qui n’est pas sans rappeler quelques grands noms du jeu vidéo, parmi lesquels Deus Ex bien sûr, mais aussi Condemned. Car si BioShock dispose d’un univers très original, son gameplay, lui, s’inspire d’une multitude de jeux s’apparentant le plus souvent à Deus Ex pour l’aspect recherche d’objets – piratage – aventure et changements de lieux.

Un univers incomparable




Pourrions nous dire pour autant que ce BioShock est un clone du jeu d’Ion Storm ? Sincèrement, oui car les ressemblances sont troublantes et le jeu ressemble comme deux gouttes d’eau dans son concept au titre d’Eidos. Néanmoins, il parvient à nous faire oublier cette impression de déjà-vu grâce à son univers et son level design qui lui octroient une identité propre. Pour le reste, le titre reprend tout ce qui a fait le succès du jeu de Warren Spector (hormis les dialogues). Le joueur incarne en effet un homme plongé dans un univers hostile où il va devoir affronter ses ennemis avec une multitude d’armes customisables allant du simple revolver au lance flamme, en passant par la mitrailleuse, la clé à molette, le fusil à pompe, le lance grenade et l’arbalète. Chacune de ces armes bénéficie en plus d’améliorations qui vous permettront des les rendre plus précises ou plus puissantes. En outre, il est possible de créer ses propres munitions à partir d’éléments collectés dans l’aventure. Mais contrairement à un titre comme Morrowind, les possibilités demeurent réduites à ce que les créateurs du jeu ont conçu. Autrement dit, vous ne pourrez pas donner libre cours à votre imagination mais seulement créer des munitions nécessitant telle ou telle dose de tel produit.

En plus de ces armes et munitions, le joueur pourra utiliser divers pouvoirs venant de l’Adam, une substance parasite créée par les scientifiques de Rapture qui permet de changer notre structure moléculaire pour utiliser toute une série de pouvoirs comme la crémation, le gel, l’envoi d’abeilles tueuses ou la télékinésie. Autant de petits plus qui permettent de varier les plaisirs et qui sont une fois de plus customisables. Bien entendu, pour évoluer et donc avancer plus facilement dans le jeu, il vous faudra collecter cette substance. Et pour ce, une seule solution : attraper de petites filles contaminées pour leur arracher leur Adam et les tuer par la même occasion. Et comme vous vous en doutez certainement, l’opération n’est pas aussi aisée qu’il n’y paraît car ces petits êtres, aussi chétifs soient-ils, sont protégés par de gros « Big Daddy » qui feront tout pour vous empêcher de vous en approcher… Libre à vous dès lors de vous y risquer ou non. Pour le reste, il faut savoir que les ennemis tués laissent de nombreux dollars et objets derrière eux, une monnaie qui vous permettra d’acheter des packs de santé, des munitions et toutes sortes d’améliorations pour vos pouvoirs. Enfin, il faut savoir que tout ou presque peut être pirater, que ce soit les caméras de sécurité, les tourelles de défense, les robots de sécurité (qui, une fois piratés, vous protègeront), les coffres et même les distributeurs (qui vous octroieront des remises). Pour prendre le contrôle de ces différents éléments, rien de plus facile, il suffit d’appuyer sur le bouton A pour ouvrir le boîtier et se créer un chemin conduisant un flux liquide d’un point A à un point B en inversant les pièces directionnelles avec les autres pièces voisines. Un système très simple qui permet d’apporter un peu de variété au gameplay, mais qui se révèle malheureusement vite rébarbatif. Raison pour laquelle les développeurs ont inclus des piratages automatiques, rares, mais qui permettent d’éviter cette séquence.

Un choc plutôt long




Voilà donc pour l’aspect gameplay qui plaira à coup sûr aux fans de Deus Ex tant les ressemblances entre les deux softs sont notables. Pour le reste, Bioshock joue très clairement la carte de l’ambiance avec des ennemis qui n’hésiteront pas à vous surprendre, des lieux variés et stylés, une ambiance pesante, quelques boss, des missions variées et originales, un scénario à rebondissements, quelques rencontres abracadabrantes et une bonne dose de fun lors des inévitables gunfights ! Vous l’aurez compris : il est difficile d’être déçu par un tel monument tant il dégage ce petit quelque chose qui manque à la plupart des productions actuelles.

En ce qui concerne la durée de vie, le soft nous propose un univers immense à visiter qui nous promet entre une dizaine et une vingtaine d’heures de jeu selon le mode de difficulté choisi. Celui rajouté à la version PS3 corsant le challenge et rallongeant le plaisir de quelques heures encore. Une bonne durée de vie pour un FPS qui, en outre, se révèle passionnant du début à la fin. Reste que certains lui reprocheront justement sa fin, un tantinet décevante, mais aussi l’absence de mode multijoueur. Sur ce point là, nous aurions plutôt tendance à rejoindre 2K Boston qui soulignait avoir préféré peaufiner le jeu à l’extrême plutôt que de proposer un mode multijoueur gadget et les développeurs n’ont rien rajouté de tel pour éviter de dénaturer la version originale. Une opinion qui se défend aisément, surtout lorsque l’on sait que le gameplay de BioShock est uniquement adapté à une aventure solo, l’utilisation de bio-modifications étant relativement difficile à porter dans un mode de jeu en ligne…

Biologiquement modifié




Si BioShock impressionne déjà beaucoup avec son gameplay particulièrement farfelu, le succès du jeu n’aurait sans doute pas été au rendez-vous sans une réalisation technique de haute volée. La version Xbox 360 était magnifique et jouissait d’une bande sonore littéralement magistrale. La version PlayStation 3 est strictement identique sur ce plan là et c’est un véritable régal. Celle-ci nous plonge dans une ambiance inégalée à ce jour tant les bruitages et les musiques accompagnant l’aventure se rapprochent de la perfection. S’il est vrai que certains seront relativement déçus de découvrir de nombreux titres rétro, façon années 60, ils reconnaîtront néanmoins le travail colossal qui a été fait sur l’ambiance. Ce travail, qu’on peut nommer d’artistique, se reflète d’ailleurs dans les commentaires de la version française, particulièrement savoureuse avec des ennemis qui discutent entre eux, se crient dessus, rient de bon cœur ou hurlent en vous frappant. Certains d’entre eux iront même jusqu’à fredonner les musiques qui passaient à la radio quelques secondes auparavant ! Bref, vous l’aurez compris, nous ne sommes clairement pas lésés avec cette édition francophone qui se révèle tout bonnement magistrale, ce qui est vraiment rare ces derniers temps…

Du côté des graphismes, le résultat est également bluffant avec une véritable démonstration technique qui s’étend sur plus de quinze heures de jeu ! Un univers vaste, stylé, varié, original et terriblement bien modélisé. Tout cela sans oublier l’incroyable talent des designers qui nous proposent un univers plein de charisme avec des décors enchanteurs, des effets spéciaux hallucinants de réalisme et un style graphique tellement plausible qu’il en devient effrayant par instants. Vous l’aurez compris, BioShock parvient sans difficulté à nous faire oublier ses quelques imperfections avec sa réalisation technique tout bonnement formidable, qui est néanmoins contre balancée par quelques textures un brin fadasses et quelques effets spéciaux un poil décevants. Mais qu’à cela ne tienne car rarement un jeu aura autant bouleversé vos serviteurs ! De plus, le contenu qui devrait bientôt débarquer permettra de s’essayer à quelques défis supplémentaires pour passer encore un peu de temps la manette dans les mains à profiter de ce chef d’œuvre magnifiquement adapté par 2K Marin et les trois autres studios qui l’ont aidé.

Point complet
18/20
Plus d’un an après, BioShock débarque sur PlayStation 3 et il faut bien avouer que le portage est plus que réussi puisqu’il est identique à la version originale. De plus pour compenser son retard, il offre un mode de difficulté supplémentaire et bientôt il sera possible d’avoir du contenu (les fameuses Challenge Rooms) pour prolonger la durée de vie. Du coup, on a le droit à un véritable chef-d’œuvre qui comblera assurément tous les fans du genre. Malgré quelques textures, le titre est magnifique, la bande-son est exquise et le gameplay est quasiment irréprochable. Même si la fin reste relativement décevante, il faut bien avouer que le jeu offre un plaisir inégalé et c’est un véritable bonheur que de se laisser porter dans le monde de Rapture. Une sorte de rêve que l’on aimerait faire plus souvent.

On a adoré :
+ Des musiques mémorables
+ La version française
+ Un gameplay varié et maîtrisé
+ Une ambiance terrifiante
+ Une bonne durée de vie
+ Le scénario
+ La mise en scène
+ Portage réussi
+ Du contenu en approche
+ De superbes graphismes…
On n'a pas aimé :
- Malgré quelques textures
- Fin décevante
- Plus d’un an de retard


Consulter les commentaires Article publié le 01-11-08 par Vincent P.


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