Après avoir montré quelques médias de Killzone 2 qui ont accroché l’œil des joueurs grâce à la qualité graphique du rendu, Sony Computer Entertainment a entretenu le buzz autour du titre de Guerrilla jusqu’à sa sortie. Malgré un premier opus sorti sur PlayStation 2 qui a manqué sa cible et un bon jeu sur PSP, sans forcément bien plus, ce deuxième volet partait déjà avec le statut de must have doublé de la qualité d’exclusivité PlayStation 3. Mais il est maintenant l’heure du verdict… Killzone 2 est-il le jeu que tout amateur de FPS se doit de posséder ? Les développeurs ont-ils réussi à se surpasser pour nous proposer une galette irréprochable ?
La vengeance est un plat qui se mange froid…
Dans la peau du sergent Sev Sevchenko, le joueur se rend sur la planète Helgan avec tous ses compagnons de l’ISA pour anéantir les Helgasts à la source et plus précisément leur leader : Visari. Le scénario n’est pas vraiment plus développé et tient facilement sur un post-it mais les développeurs ont un atout dans leur manche pour compenser cela : la mise en scène. En effet, si le fil scénaristique est plutôt ridicule, il faut bien avouer que Guerrilla a mis les petits plats dans les grands pour nous proposer une aventure explosive offrant une bonne dose de gunfights ponctuée de cinématiques de toute beauté. Les explosions retentissent de partout, les balles fusent, les cris se font entendre et les yeux comme les oreilles ont le droit à un spectacle de grande qualité, surtout que le soft fait partie des plus beaux jeux actuels. Néanmoins tout n’est pas si idyllique que cela puisque les joueurs expérimentés pourront voir le bout de l’aventure en quatre à cinq heures en Vétéran (difficile) alors que les autres mettront entre six et huit heures selon leurs compétences et le niveau choisi, c’est court, voire même très court pour certains.
Heureusement, les développeurs ont prévu le coup et ont intégré un mode multijoueur jouable jusqu’à trente-deux. Si celui-ci n’était pas le plus attendu, il faut bien avouer qu’il s’agit certainement de la meilleure surprise que nous réserve la galette. Lorgnant du côté des meilleurs modes multijoueurs du genre, celui de Killzone 2 repose sur un système de grades, de récompenses et de points d’expérience. Ainsi, à force de jouer et d’abattre des ennemis, le joueur récolte de l’XP. En atteignant un palier prédéfini, il obtient un nouveau grade lui donnant quelques privilèges. De même, en remplissant plusieurs fois certains objectifs (tuer dix ennemis dans une partie avec un tir dans la tête par exemple) il obtient des médailles qui octroient elles aussi des bonus comme démarrer chaque partie avec plus de munitions. Le tout combiné permet au final de débloquer de nouvelles armes (lance-roquettes, mitrailleuses, fusil à pompe, etc.), de nouvelles classes (infirmier, saboteur, éclaireur…) et par conséquent de nouvelles compétences (réanimer ses coéquipiers, utiliser des tourelles, se camoufler, etc.). Seuls regrets, seules huit cartes sont actuellement disponibles, le système de couverture présent dans le mode solo a disparu, toutes les parties ne sont pas stables, des déconnexions intempestives peuvent survenir et quelques étrangetés sont remarquables (vider un chargeur sur l’ennemi qui nous tire dessus, nous tue et meurt quelques instants après sans aucune intervention extérieure – l’inverse étant bien entendu de mise).
Tout n’est donc pas parfait, mais ces quelques soucis techniques que Guerrilla corrigera peut-être dans un avenir proche à coups de patchs n’entravent pas le plaisir de jeu, même si parfois cela peut faire râler. En plus d’être bien pensé, le multijoueur offre tout un tas de réglages que l’on peut modifier à sa guise (durée des parties, présence ou non de bots, équilibrage automatique des joueurs, type de parties, etc.), la possibilité de créer des escouades (l’un des avantages étant de pouvoir réapparaître aux côtés de son chef d’escouade s’il est toujours en vie sans avoir à passer par le respawn initialement prévu) et tout un tas de petits plus avec la création de clans, la mise en place de tournois et bien d’autres surprises. Cerise sur le gâteau, les parties peuvent être configurées pour que les deux équipes qui s’affrontent remplissent, dans un temps imparti, jusqu’à cinq objectifs différents qui changent donc en cours de jeu. De quoi varier les plaisirs et revoir sa stratégie de groupe en temps réel. On peut ainsi avoir des phases de massacre (team deathmatch), de la protection ou assassinat de cible (équivalent du célèbre protéger/abattre le V.I.P.), de la protection ou destruction, à coups de bombes à amorcer, de zones, du contrôle de zone en restant au plus près d’émetteurs et une sorte de capture de drapeau avec la récupération d’un objet pour faire de la propagande à amener à un lieu précis. Rien de bien original mais, pour le coup, le classicisme paie puisque ce mode multijoueur est des plus efficaces.
Tu pointes ou tu tires ?
Au niveau du gameplay, le constat est sensiblement le même. Bien que la visée ne soit pas un exemple de précisions (le mieux étant de vraiment passer par les options pour régler sa sensibilité), le système de couverture, du moins en solo, n’est pas à négliger et permet de souffler un peu pour regagner de la vie avant de repartir à la charge (même si certains ne l’utiliseront pratiquement jamais, les têtes ayant tendance à dépasser), les grenades sont efficaces et les armes assez variées même si on regrette qu’elles n’aient pas de tir secondaire. On prend donc facilement le titre en main et on tire son épingle du jeu en mitraillant tout ce qui passe devant soit. Le bon point c’est que l’intelligence artificielle a été travaillée, les ennemis agissent en corrélation, se cachent si nécessaire, lancent des grenades, tirent assez adroitement et n’hésitent pas à essayer de contourner le joueur pour le prendre à revers. Même constat pour les coéquipiers de Sev qui réagissent plutôt bien.
Malgré tout, et d’une manière assez paradoxale, les habitués du genre trouveront le soft facile (hormis certains passages comme le palais de Visari), et ce même en mode Expert pour peu que l’on ne fonce pas dans le tas sans réfléchir un minimum. Petit regret d’ailleurs, ce mode de difficulté plus élevé est à débloquer en finissant une fois le jeu, ce qui est peu judicieux lorsqu’on sait que la replay value est quasiment nulle. Enfin, les ennemis donneront tout de même suffisamment de fil à retordre au commun des joueurs pour que celui-ci prenne du plaisir en essuyant quelques morts. Précisons d’ailleurs qu’il est possible de réanimer les coéquipiers à terre mais que l’inverse n’arrive pour ainsi dire jamais. Petit déception là encore, notre héros est bien accompagné de frères d’arme, certains passages permettent d’apprécier des moments de coopération mais le soft ne permet pas de jouer justement en coopération. Rien de plus frustrant quand on voit Sev qui atteint une plateforme grâce à une courte échelle.
On se consolera en signalant que certaines séquences de jeu permettent de varier les plaisirs avec des phases aux commandes de tourelles ou des phases en véhicules plus ou moins bonnes qui ont le mérite d’être jouissives. Un excellent défouloir en somme. Là encore l’originalité est aux abonnés absents. Malgré tout, Killzone 2 parvient à marquer les esprits grâce à son univers travaillé, à sa bande sonore irréprochable (les voix bien qu’un peu caricaturales restent dans le ton, les bruitages sont excellents et les thèmes musicaux appropriés aux situations) et à son rendu graphique des plus travaillés (malgré quelques textures un peu en deçà lorsqu’on s’arrête sur les détails, le rendu visuel est extraordinaire, dommage que les checkpoints engendrent quelques ralentissements, voire des légers freeze lorsqu’on court comme un dératé). Les aspects sonore et graphique ont donc profité d’un soin tout particulier, comme l’ambiance, et c’est bien là que Guerrila marque le plus de points.
Point complet16/20
Killzone 2 est un excellent divertissement qui mise tout sur son ambiance, sa bande sonore et ses graphismes d’excellente facture. Le gameplay est classique mais efficace, même si la visée est à régler au préalable, et l’intelligence artificielle a bien été travaillée pour que les ennemis réagissent d’une manière très « humaine ». Néanmoins, quelques regrets sont de la partie. Il n’y a aucun mode coopération et la campagne est courte, entre quatre et cinq heures en difficile pour un habitué du genre et entre six et huit heures pour le commun des joueurs selon le niveau de difficulté. De plus, le mode Elite (difficulté maximale) est à débloquer mais la replay value est quasiment nulle, sans compter que le scénario tient sur un post-it. Malgré tout, la mise en scène est excellente et permet d’immerger le joueur dans le jeu jusqu’à la fin. Si le solo est finalement un poil décevant, il faut reconnaître que le mode multijoueur est une excellente surprise. Classique mais diablement efficace, il permet de prolonger le plaisir pendant des dizaines d’heures, et ce grâce à toutes les options et systèmes d’évolution qui ont été intégrés. On oublie d’ailleurs rapidement certains soucis techniques qui devraient être réglés avec le temps à coups de patchs et on profite des joies du jeu en ligne jusqu’à trente-deux jusqu’à plus faim. Killzone 2 est au final un très bon FPS que les amateurs du genre se doivent d’avoir dans leur ludothèque mais certains garderont tout de même un arrière-goût amer fait de regrets et petites déceptions.
On a adoré :
+ Les graphismes
+ L’ambiance
+ La bande sonore
+ La mise en scène
+ Gameplay efficace
+ Intelligence artificielle travaillée
+ Le multijoueur…
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On n'a pas aimé :
- Malgré quelques soucis techniques
- Seulement huit cartes en multi
- Campagne solo courte
- Facile pour les habitués du genre
- Pas de mode coopération
- Scénario
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