La PS Vita est un petit bijou technologique qui embarque deux caméras, un microphone, un accéléromètre, une fonction gyroscopique, un écran tactile et un pavé numérique, en plus bien entendu des boutons de façade, de deux gâchettes et de deux sticks. Afin de montrer dès le lancement de la machine les possibilités offertes par la console, Sony a demandé à l’un de ses studios, à savoir
Bigbig Studios, de concocter un titre utilisant à peu près toutes les fonctionnalités. Ainsi est né
Little Deviants, une sorte de party game. Proposé en plus à une trentaine d’euros, soit à un tarif légèrement réduit, celui-ci a d’ores et déjà plusieurs atouts. Reste donc à voir si tout est parfaitement exploité et si les développeurs ne se sont pas contentés de faire une simple démo technique…
Du neuf avec du vieux
Le pitch de départ est extrêmement basique puisqu’un groupe de cinq Zinzins, aux capacités particulières, s’écrase sur la planète des Chépaquis en tentant d’échapper aux vilains Bots. Les développeurs ne se sont pas embarrassés avec diverses fioritures et ont préféré aller à l’essentiel. Après tout, pour un party game, il n’y a pas forcément besoin de plus. Nous passons rapidement sur le contexte pour entrer dans le vif du sujet.
Little Deviants propose principalement un mode Histoire composé de 30 épreuves réparties entre six mondes aux univers bien différents. Afin d’être sûr que tout le monde puisse découvrir absolument tous les jeux,
Bigbig Studios a eu la très mauvaise idée d’imposer une progression archi limitée. En effet, pour débloquer le mini-jeu suivant, on est obligé de terminer le précédent en obtenant au moins un trophée de bronze. Avec un peu de dextérité, le challenge est vite relevé, mais nul doute que certains atteindront un point de frustration lorsqu’ils tomberont sur une séquence qu’ils n’apprécient pas, sans compter que ceux qui ont des petites mains auront certainement plus de mal avec une poignée des épreuves. D’ailleurs, s’il n’est pas bien difficile de battre le score de base, notons qu’il faut bien plus de détermination pour décrocher l’or. Les scores à battre pour obtenir la récompense suprême demandent quasiment de faire un sans faute à chaque épreuve, ce qui, croyez-nous, demande de la patience, de la concentration et une sacrée dextérité.
Autre point qui peut faire grincer quelques dents, lorsqu’on termine un mini-jeu du mode Histoire, on est invité à le recommencer ou à continuer. En optant pour ce dernier choix, après le tableau des récompenses éventuellement débloquées, on se retrouve propulsé sur le menu de l’accueil. Il aurait été bien plus ingénieux d’inclure une fonction permettant d’enchaîner directement avec l’épreuve suivante sans devoir se taper une fois de plus tous les écrans du menu. Niveau ergonomie, il y avait clairement mieux à faire. En revanche, il faut reconnaître que les développeurs ont fait de l’excellent travail en ce qui concerne le gameplay. Les épreuves proposées, une quinzaine de différentes à regrouper autour de cinq principes fondamentaux, ne sont pas forcément originales dans le sens où elles ne font que reprendre les principes de certains classiques comme le casse-briques, le tape-taupe ou encore les éternels Monkey Ball, Pac-Man et Marble Madness. Malgré cela, chaque épreuve exploite l’une des fonctionnalités de la console. On se retrouve ainsi à se servir de la fonction gyroscopique pour diriger un vaisseau ou une boule, de l’appareil photo arrière pour un jeu de tir délirant incorporant la notion de réalité augmentée (il faut détruire des robots en leur tirant dessus – à jouer debout –), du pavé numérique pour déformer un terrain et ainsi faire avancer son Zinzin ayant préalablement pris la forme d’une boule, de l’accéléromètre pour gérer la zone d’atterrissage de son personnage lors de chaque saut, etc. Même le microphone est exploité pour demander d’envoyer des notes (graves, aigues ou entre les deux) afin de briser des objets, avant qu’ils nous atteignent, tout en évitant de toucher les étoiles à récolter.
Trop cher sans l’enrobage
Enfin, certaines fonctionnalités sont même combinées. Par exemple, il y a un mini-jeu demandant de botter les fesses des Bots, tout en évitant les innocents, en se servant de l’écran ou du pavé tactile selon que l’ennemi soit de face ou de dos. Il en existe un autre dans lequel on utilise simultanément les deux périphériques tactiles pour pincer son Zinzin, le tirer dans une direction avant de le lâcher pour le propulser à l’intérieur d’un ring comme un boulet de canon. Certaines épreuves demandent un petit temps d’adaptation pour vraiment maîtriser la fonctionnalité qui lui est associée, mais il faut bien reconnaître que tout fonctionne extrêmement bien. C’est précis, réactif et finalement très intuitif. Même si tous les mini-jeux ne se valent pas en termes de qualité, on ne peut qu’apprécier le travail du studio. Parmi les petits plus, outre l’aspect scoring prononcé, on retrouve une sorte de chasse aux trésors demandant de récupérer des chats qui ont été cachés ci et là. C’est aussi inutile qu’indispensable pour les amateurs de 100%. Pour les autres, il y a toujours des items et autres visuels à débloquer, mais l’intérêt reste limité. Lors des premières parties, la qualité du gameplay nous offre un réel sentiment de plaisir. Malheureusement, celui-ci s’estompe vite…
En effet, le mode Histoire se boucle en deux heures et des poussières (pour avoir au moins tous les trophées de bronze) et le seul intérêt pouvant pousser le joueur à continuer, c’est le scoring, et ce que ce soit pour battre son propre record ou celui d’autres joueurs, vu qu’il n’y a pas de multijoueur à proprement parler. Du coup, on a clairement l’impression d’avoir affaire à une compilation d’une dizaine de mini-jeux vraiment différents, auxquels on a greffé des variantes et des changements de décors pour tenter de donner un semblant de contenu. L’artifice ne prend pas et on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’une démo technique qui aurait dû être proposée à une dizaine d’euros grand max, et non à trente. C’est d’autant plus vrai que la bande sonore, rébarbative, devient rapidement agaçante, à tel point qu’on préfère la couper. Reste les bruitages, plutôt sympathiques, mais sans plus. Niveau graphismes, le soft est loin d’impressionner avec ses décors assez basiques, son aspect cartoon grotesque pas très folichon et ses modèles assez simplistes. Enfin, même s’il manque une vraie patte artistique, il faut bien admettre que le titre est coloré et que la réalisation est très propre. De nos jours, c’est loin d’être négligeable !
Point complet11/20
Bigbig Studios a fait ce qu’on lui a demandé : réaliser un jeu permettant d’utiliser toutes les fonctionnalités de la PS Vita, à savoir la caméra arrière pour la réalité augmentée, l’écran tactile, le pavé tactile, l’accéléromètre, la fonction gyroscopique et le microphone. Cela, le studio l’a parfaitement assimilé et il a accompli sa mission avec brio. C’est précis, réactif et intuitif. Malheureusement, il n’est pas allé plus loin que la conception même de la démo technique. C’est assurément ce qui pourrait rebuter bien des joueurs puisque, malgré un prix de vente un peu plus bas que la normale,
Little Deviants reste encore trop cher pour ce qu’il est. La pilule serait clairement mieux passée s’il avait été proposé à une dizaine d’euros, et encore au maximum. Et ce ne sont pas les vaines tentatives visant à camoufler le faible contenu, à grands coups de recyclage, qui nous feront changer d’avis. Lorsqu’on rajoute à cela une bande sonore à rapidement couper et une réalisation assez simpliste, on peut être déçu. Néanmoins, les développeurs ont fait un travail très propre et les couleurs ne sont pas déplaisantes.
Bigbig Studios a assuré l’essentiel, sans aller plus loin. Au final, le jeu est à réserver aux fans de scorings et aux joueurs avertis qui le prendront pour une démo technique très plaisante pour de courtes sessions de jeu. Quant aux autres, mieux vaut investir les trente euros dans un autre titre.
On a adoré :
+ Plusieurs environnements
+ Le côté Scoring pour les fans
+ Un certain challenge
+ Utilise les capacités de la Vita
+ Gameplay précis et intuitif
+ Parfait pour de courtes sessions
+ C’est coloré
+ Réalisation propre
+ Certains mini-jeux assez fun…
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On n'a pas aimé :
- D’autres vite ennuyants
- Graphiquement léger
- Uniquement du solo
- Cher pour ce que c’est
- La bande sonore
- Du recyclage
- L’intérêt sur le long terme
- Mode Histoire vite bouclé
- Interface à améliorer
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