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Silent Hill Origins



Editeur
Konami
Développeur
Climax UK
Distributeur
Konami
Genre
Survival Horror
Statut
Disponible
Date de sortie
  15.01.2007
  06.11.2007
  01.2007
Nombre de joueurs
1
Classification PEGI
Prix de lancement
40 €

La série des Silent Hill a fait ses premiers pas sur PlayStation première du nom en 1999 avec un opus qui proposait un délicieux mélange d’action, de réflexion et d’horreur. Par la suite, Konami a produit trois suites plus ou moins bonnes. Après un passage sur PlayStation Portable avec une BD interactive répondant au doux nom de The Silent Hill Experience, la firme récidive avec cette fois-ci un véritable opus vidéoludique proposant une nouvelle aventure. Mais pour le coup, ce n’est plus la société japonaise qui est aux commandes du projet. Non, celle-ci s’est contentée de jouer les inspecteurs de travaux finis et d’éditer le titre des anglais de Climax. Ce changement radical d’équipe a-t-il été bénéfique pour la série ou lui a-t-il porté préjudice ? La licence peut-elle encore vraiment surprendre les habitués de la série, surtout sur un support qui ne s’y prête que peu ? Voila autant de questions que tous les joueurs peuvent se poser. Si vous n’avez pas peur de la solitude et du noir le plus complet, osez consulter le test ci-dessous pour savoir ce que vaut vraiment ce nouvel opus.

Des origines bien mystérieuses




Comme son nom l’indique, cet opus portable désire faire le point sur les prémices de la saga. Si tout le monde sait ce qui est arrivé à Harry Mason, personne n’a réussi à vraiment percer tous les secrets de la célèbre ville nommée Silent Hill. Un brouillard épais, des lieux désertés, du moins par des personnes dites ‘normales’, le lieu a de quoi intriguer. Les amateurs de la série attendant impatiemment le cinquième volet qui débarquera bien plus tard sur les consoles de nouvelle génération devaient patienter. Quoi de mieux alors que d’expliquer l’inexplicable : les origines de cette ville des plus énigmatiques. Malgré le changement de l’équipe de développement, il faut reconnaître que les développeurs anglais ont fait de l’excellent travail en rendant une version liée au premier et au troisième opus de la licence. Le scénario est prenant et notre pauvre routier, Travis Grady, se retrouve bloqué dans la ‘ville fantôme’ après avoir fait preuve d’une grande bravoure. Confronté à des voies sans issue, à des énigmes de tout ordre et à quelques riverains peu accueillants, notre héros doit faire l’impossible pour survivre en milieu hostile.

Malheureusement, ce dernier n’aura pas à fournir beaucoup d’efforts pour mener à bien sa quête puisque le titre se termine en quatre heures pour un habitué et en seulement six heures pour un néophyte. Ceci sans compter qu’il est impossible de choisir un mode de difficulté… Ce qui est fort dommage quand on voit qu’il est vraiment très facile d’esquiver la plupart des ennemis et que les énigmes ne demanderont pas forcément une intense activité neuronale pour être résolues. De même, si le scénario est captivant, il faut avouer que certains détails laisseront un goût amer. Mais le plus dramatique, c’est que l’une des meilleures idées du jeu laisse entrevoir l’un des plus gros défauts. En effet, en touchant certains miroirs disposés dans des toilettes par exemple, Travis traversera les dimensions en passant ainsi d’un monde normal à un monde peuplé de créatures en tous genres. Sauf que cette idée de génie oblige le joueur à visiter plusieurs fois un même lieu en changeant souvent l’environnement afin de trouver des énigmes ou de passer certaines portes infranchissables dans l’autre dimension. Mais là où ça devient agaçant, c’est quand on s’aperçoit qu’au final, on ne fait que des allers-retours incessants. Trop court, trop facile et vite répétitif, voilà qui n’est pour le moment pas très glorieux…

Et j’ai crié, crié, Alessa, pour qu’elle revienne…




Si les points négatifs se font relativement vite sentir, ils sont aussi bien souvent rapidement oubliés. Un scénario correct aux différentes fins alternatives, appuyé par des cinématiques simplement magistrales et une bande sonore à couper le souffle, voilà ce qui fait la plus grande force de cette version. Il suffira d’ailleurs d’évoquer le simple nom de Monsieur Akira Yamaoka pour expliquer la raison de cette inavouable ivresse que procurent les thèmes et autres musiques qui rythment le jeu. Ce compositeur japonais est au sommet de son art et il réussit là un véritable exploit. Alors que la PSP est, pense-t-on de par nature, peu enclin à immerger un joueur dans un survival horror, il suffira de se brancher les écouteurs pour comprendre à quel point cette supputation s’avère fausse. Rajoutez en plus un filtre granuleux donnant un côté plus mystérieux, un brouillard peu rassurant, des jeux de lumière bluffants et des cinématiques criantes de réalisme et vous obtenez un titre enchanteur qui en émerveillera, ou du moins en fera sursauter, plus d’un.

Pris dans cet univers ensorcelant, le joueur n’a plus d’autre choix que d’avancer. Lampe torche accrochée à un vêtement au niveau de la poitrine, poings serrés et inventaire complet, on se jette à corps perdu dans une aventure ponctuée par des apparitions qui feront plaisir aux amateurs de la saga, puisque Dahlia Gillespie, Lisa Garland et bien d’autres plus ou moins relookés pour l’occasion répondent bel et bien présents. Mais les néophytes seront eux aussi ravis d’apprendre qu’il n’y a pas besoin d’avoir terminé les précédents volets pour comprendre toutes les subtilités du scénario. Une accessibilité sans faille pour un plaisir de jeu immédiat.

On n’est pas chez nous, on casse tout




S’il faut avouer que le principe des allers-retours incessants et de l’intelligence artificielle assez limitée peut paraître légèrement énervant, reconnaissons que le titre plus orienté action peut se révéler être un excellent défouloir. Grande nouveauté dans la série, notre personnage principal peut se saisir de tous les objets qui sont à sa portée. Télévisions, armes à feu, scalpels, casiers, bouteilles en verre, crochets de boucher et autres petites gâteries serviront à écraser, massacrer, voire même éradiquer des monstres au design souvent inspiré. Attention tout de même, les armes s’usent et finissent par se briser, autant dire qu’il vaut mieux les utiliser avec parcimonie, même si parfois on en promène une bonne dizaine avec soi. Notons d’ailleurs qu’achever un ennemi au sol est véritablement jouissif, du moins quand on y arrive.

Tout ne pouvait pas être aussi idyllique puisque le gameplay souffre parfois de quelques imprécisions. Ainsi certaines mises à mort seront plus délicates que d’autres et il arrivera parfois qu’à cause d’une caméra bien capricieuse, on se retrouve avec une infirmière qui nous saute dessus. Si certains s’imaginent déjà quelques fantasmes en bénissant le héros, ils déchanteront rapidement lorsqu’ils verront que celle-ci est armée. Se lance alors un Quick Time Event durant lequel on doit appuyer frénétiquement sur une touche pour se débarrasser de ce parasite un peu trop collant. Plutôt agréables à jouer, ces scènes permettent de changer un petit peu de l’éternel je fonce et j’esquive ou du j’avance et je massacre. Un petit plus qui ne fait que renforcer l’immersion tout en variant les plaisirs.

Point complet
14/20
Silent Hill Origins possède indéniablement un charme auquel beaucoup de joueurs succomberont. Les amateurs de la série retrouveront des personnages des précédents opus (en terme de sortie et non de chronologie scénaristique) et des mécaniques de jeu qui leurs sont familiers. Malgré tout, Climax a misé sur l’accessibilité et ceci se ressent rapidement sur la difficulté et la durée de vie. Trop court, trop facile, le titre pourrait rebuter tous les amateurs de challenges. Mais nul doute qu’une fois l’UMD lancé et les écouteurs dans les oreilles, ils feront abstraction des quelques défauts dont souffre cette version portable pour se laisser bercer par une aventure prenante et des musiques envoûtantes. Avec ces graphismes de haut vol et quelques bonnes idées au niveau du gameplay, cet épisode revenant sur les fondements même de la série dégage un petit plus inexplicable. Dommage que la caméra, bien trop souvent capricieuse, empêche réellement ce titre d’être considéré comme un véritable hit.

On a adoré :
+ Les jeux de lumière
+ Les cinématiques
+ La bande sonore
+ Les différentes fins possibles
+ Les bonnes idées de gameplay
+ Les Quick Time Events
+ Un charme inexplicable
On n'a pas aimé :
- La caméra
- Trop court
- Trop facile
- Vite répétitif


Consulter les commentaires Article publié le 17-11-07 par Vincent P.


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